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Fraudes : de l’électricité dans les rapports

Margueritte N.G, étudiante en 4e année de biologie végétale à l’Université de Yaoundé I, ne sait pas trop comment depuis un peu plus d’un an, ses voisins de mini-cité et elle, y compris ceux qui ont des plaques électriques, des réfrigérateurs et d’autres équipements de grande consommation, ne payent mensuellement que 500 F pour leur facture d’électricité ! Ils habitent non loin du Cradat, dans le quartier résidentiel des étudiants. Pour l’eau, trois « pièces » (300F) suffisent à couvrir leurs besoins de toilette, ménage, lessive, cuisine et de consommation directe… La tasse est suffisamment pleine pour indigner les opérateurs de ce secteur. Surtout s’ils apprennent que le système de fraude devenu quasiment systématique dans cette zone de Yaoundé est monté par leurs propres agents… Le secteur de la téléphonie n’y échappe pas. Notre source se souvient – presque avec regret – qu’il y a quelques années, bien avant que le phénomène de call-box ne gagne les villes et les villages du Cameroun, il était possible d’appeler même l’étranger à 100 F la minute, dans des chambres d’étudiants ou supposés… Le procédé ici, contrairement à ce à quoi on se serait attendu, manque cruellement d’ingéniosité : on se branche directement sur les réseaux…

Ailleurs, dans les quartiers, certains consommateurs font preuve de plus de « style ». Le coup du petit trou sur la vitre du compteur d’électricité à l’aide d’une aiguille et du cure-dent qu’on y introduit pour bloquer le compteur rivalise d’ingéniosité avec le compteur d’eau qu’on met à l’envers… Vraiment génial. De toute évidence plus élégant que le « boss » dont la barrière est toujours fermée et les chiens les babines toujours retroussées… Le résultat, pour le bonheur des « petits malins », est presque le même ; les agents ne peuvent pas accéder aux compteurs, ni pour prélever la consommation, encore moins pour couper l’alimentation en eau, électricité ou même en téléphone du domicile. A ces coups classiques, il faut ajouter une nouvelle forme de banditisme : le vol de câbles électriques et de téléphone. Ce phénomène, qui n’est pas le fait des consommateurs, a le don de pourrir davantage la communication entre les pourvoyeurs de ces services et leurs clients, qui se jettent mutuellement l’anathème à la manière de chiffonniers qui se battent. Pourtant, la réalité reste intacte, multiple, concrète et à la fois simple à comprendre. Une meilleure qualité de service à des prix à la portée de tous, est certainement la solution pour rétablir la confiance et l’harmonie dans les relations entre les différents opérateurs des secteurs de l’électricité, de l’eau, de téléphone et leurs clients.

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